(traduzione di Lucetta Frisa)

Chambre cavalière
Deux chevaux ont traversé la stanza où je me tenais pensive
attendant le retour de l’hiver
Ils étaient rouges et fumants
La stanza était bleue d’attente et je me demandais
où aller maintenant
Les chevaux rouges allaient sans cavalier et comme souvent
la maladie
doucement
auréolait les fenêtres d’un peu de blancheur
j’étais un peu fièvreuse
et la nuit gardait mes yeux ouverts
Je suis sortie
le matin marchait sur la route
J’entendais le refrain de ses sabots clic cloc
des chevaux rouges avançaient dans le paysage vert
absolument innocents de tous les crimes divers
commis en ce jour ici partout maintenant
La stanza s’est mise à bruire dans le vent
et ce n’était plus qu’un mot dans un chant
Stanza dei cavalli
Due cavalli hanno traversato la stanza dove stavo pensosa
ad attendere il ritorno dell’inverno:
erano rossi e fumanti
La stanza era azzurra d’attesa e mi chiedevo
ora, dove andare
I cavalli rossi galoppavano senza cavaliere e come spesso
la malattia
lentamente
sfumava le finestre di un’aureola di perla
io ero un po’ febbrile
e la notte mi teneva gli occhi spalancati
Sono uscita
Il mattino camminava sulla strada
sentivo il motivo dei suoi zoccoli clip clop
dei cavalli rossi avanzavano nel paesaggio verde
assolutamente innocenti di tutti i crimini
commessi in quel giorno qui ovunque adesso
La stanza si è messa nel vento a bisbigliare
e non fu che la parola di una canzone

Chambre des solitudes
Le dos à la fenêtre l’air est froid dans la stanza déserte
On cherche des yeux la neige qui ne vient pas
La montagne s’inverse tranquillement sous le doigt
Et se creuse comme un appétit de vent et de bois
Où partir ?
Assez loin,
Tout près,
Endormi dans le lac froid des rêves.
Autour du cou le fil rouge des mots silencieux,
à la main une feuille fraîche de figuier,
aux pieds, les sandales des divinités.
Tout est prêt.
Stanza delle solitudini
Con la schiena alla finestra, nella stanza vuota l’aria è fredda
Gli occhi cercano la neve che non viene
La montagna si rovescia tranquilla sotto le dita
E si buca come fame di vento e bosco
Partire dove?
Molto lontano
Molto vicino,
Dormendo nel lago freddo dei sogni.
Intorno al collo il filo rosso delle parole mute
In mano una foglia fresca di fico
Ai piedi i sandali degli dei.
Tutto è pronto.

Stanza finlandese
Ce que nous savons du silence se trouve
dans la parole
et ce mot SILENZIO ressemble à la chambre
où l’enfant est laissé à dormir
seul
dans la STANZA
Silence et sommeil se donnant la main
et cherchant dans les couloirs du cœur
une raison
à tous ces craquements
qui trouent la maison
en donnant vie au bruit
Ce que nous savons du tremblement
du glissement
du frôlement
se trouve dans le frisson silencieux des nuits blanches.
Parler peu, un régime de la voix
pour amincir son âme en se taisant.
Amincir sa parole jusqu’à la rendre silencieuse :
travail du poète.
Le tronc du vieux chêne est-il rongé
de l’intérieur
comme nous le sommes
par ce mal inconnu que sera notre propre mort ?
Sur le chemin, un crapaud,
mort.
Sur le chemin une procession de mouches,
vivantes.
La mort du crapaud a nourri les vivantes.
écrite sur l’île des ours, Finlande, 2004
Stanza finlandese
Ciò che si sa del silenzio si trova
nella parola
e la parola SILENZIO assomiglia alla camera
dove si è lasciato il bambino dormire
da solo
nella STANZA
Silenzio e sonno si danno la mano
e cercano nei corridoi del cuore
una ragione
a tutti questi scricchiolii
che penetrano la casa
dando vita al rumore
Ciò che si sa del tremare
del scivolare
del frusciare
è nel brivido muto delle notti bianche.
Parlare poco, una strategia della voce
per fare sottile l’anima tacendo.
Per fare sottile la parola fino al silenzio:
è il lavoro del poeta.
Il tronco della vecchia quercia è corroso
all’interno
come lo siamo noi
da quel male ignoto che sarà la nostra morte?
Sulla strada, un rospo,
morto.
Sulla strada una processione di mosche,
vive.
La morte del rospo ha nutrito le vive.
Estate 2004, Isola dell’orso, Finlandia

Stanza del deserto
Pour Johanne qui écrit la lumière
La stanza cette fois ouvre sur les dunes noires :
des enfants lisent un livre à la lueur d’une lune absente.
Un homme les accompagne
dans leur lent voyage immobile,
d’est en ouest.
La stanza est inscrite dans un rectangle de sable ocre
et lumineux adossé à la nuit.
Au sud, une petite fille en rose.
A l’ouest, le garçon parle à un autre
que lui-même,
l’absent de tout désert, son frère.
Sa tête est un pays, son âme, un haut plateau.
Que regardent la petite et l’homme ?
Un livre d’images où le mot désert s’écrit
dans une autre langue que la mienne :
montagnes d’air et de vent noirs.
Un petit pic de soie effilochée derrière eux se dresse,
triangle de tendresse tissé.
Un coussin tressé
pour le repos des trois voyageurs.
La dune dessine ses ombres sur le mur.
Un Himalaya de sable et de lumière
contre lequel, doucement, s’appuyer
pour lire sans souffrir du vertige.
Je ne sais pas si je peux entrer
dans cette pièce de papier,
dans cette stanza du Désert
où zigzague la lumière
en rayures
de soie.
Je ne sais encore rien
du désert, ni du froid,
de la couleur du vent et de sa force,
du sable dans les yeux. Je regarde.
Stanza del deserto
Per Johanna che scrive la luce
Stavolta la stanza si apre su dune nere:
bambini leggono un libro alla luce di una luna assente.
Un uomo li accompagna
nel loro lento viaggio immobile,
da est a ovest.
La stanza si staglia in un rettangolo di sabbia ocra,
luminoso e addossato alla notte.
A sud, una bambina in rosa.
Ad ovest, il ragazzo non parla
che a se stesso,
l’assente di ogni deserto, suo fratello.
La sua testa è un paese, l’anima, un altipiano.
Cosa guardano la bambina e l’uomo?
Un libro di figure dove la parola deserto si scrive
in una lingua che non è la mia:
montagne d’aria e di vento neri.
Un piccolo pizzo di seta sfilacciata dietro a loro,
triangolo di intrecciata tenerezza.
Un cuscino tessuto
per il riposo dei tre viaggiatori.
La duna disegna le sue ombre sul muro.
Un Himalaya di sabbia e di luce
dove appoggiarsi dolcemente
per leggere della vertigine senza soffrire.
Non so se posso entrare
in questa camera di carta,
in questa stanza del Deserto
dove la luce va a zig zag
in striature
di seta.
Non so ancora nulla
del deserto, del freddo,
del colore del vento e della sua forza,
della sabbia negli occhi. Guardo.

Sylvie Durbec nasce a Marsiglia. Poeta, scrittrice, artista visiva. Ha scritto sui destini di Robert Walser e W. G. Sébald.
Opere pubblicate (2005-2017):
Les nuits de Vollezele, les Jours de Flandre. Marseille, éclats et quartiers. Comme un jardin (bleu). Prendre place, une écriture de Brenne. Chaussures vides, scarpe vuote. La huppe de Virginia. Ce rouge qui brillait/Soutine. Le paradis de l’oiseuleur. SANPATRI. Route d’avril, vif tambour. L’IDIOT(E) devant la peinture, poésie. Un voyage aux petites plaines. Fugues (récits). Passagères de l’est. L’ignorance des bêtes. Bascoulard/Opalka.
Romanzi (2001-2002):
Un été de Reine en Finlande. L’apprentissage du détachement. Un bon Indien est un Indien mort.
Fughe (racconti, 2006) e Scarpe vuote (poesia, 2016) sono tradotti in italiano da Lucetta Frisa per le edizioni Joker.

