CHOMO. L’artista nella foresta

Pensées de Chomo (1902-1999)

Certains de ces aphorismes étaient placardés, en écriture phonétique, sur les arbres de son domaine

Alcuni di questi aforismi erano fissati come scritture fonetiche agli alberi della sua foresta.

Guérir par le refus de la connaissance.

Guarire attraverso il rifiuto della conoscenza.

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Attention au gouffre du raisonnement.

Attenzione all’abisso della ragione.

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Une seule porte de sortie: le rêve.

Una sola via d’uscita: il sogno.

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L’homme a plus besoin de mystère que de pain.

L’uomo ha più bisogno di mistero che di pane.

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L’illuminé, c’est celui qui croit à l’impossible.

L’illuminato: chi crede nell’impossibile.

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Je ne suis pas instruit des hommes mais du ciel.

Non sono istruito dagli uomini ma dal cielo.,

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La religion meurt avec sa définition.

La relgione muore definendosi religione.

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Je suis riche de pauvreté, ils sont pauvres de richesse.

Io sono ricco di povertà, loro sono poveri di ricchezza.

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L’homme doit vivre debout ou couché, s’il est assis, c’est un malade.

L’umo, che viva in piedi o coricato, mai seduto: questa è la malattia.

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La crasse, c’est le commencement d’une nouvelle planète.

La muffa: l’inizio di un nuovo pianeta.

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La vitesse est une insulte au créateur.

La velocità: un insulto al creatore.

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Le temps n’existe pas dans la pensée.

Nel pensiero il tempo non esiste.

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S’appuyer sur un mensonge pour mieux dire la vérité.

Appoggiarsi alle menzogna per dire meglio la verità.

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Dépassée la frontière de la souffrance c’est la béatitude.

Oltre la frontiera della sofferenza c’è la beatitudine.

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Avoir osé aller jusqu’aux extrémités de l’âme.

Aver osato fino agli estremi dell’anima,

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Aucun trésor n’est comparable à un sourire de femme.

Nessun tesoro come un sorriso di donna.

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Femme, quand tu passes, tu déranges le repos.

Donna, quando tu passi, turbi il riposo.

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Tout ce qui est beau est un piège.

Tutto ciò che è bello è una trappola

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Aimer c’est se préparer à souffrir.

Amare è preprarsi a soffrire.

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Emettez des cellules d’amour.

Sprigionate celule amorose.

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Le rire, c’est la consommation des valeurs spirituelles.

Ridere, è consumare i valori spirituali.

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L’alcool abrutit l’imbécile mais divinise le guide.

L’acool abbrutisce l’imbecille ma divinizza la guida.

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Vivre non pas pour être mais pour devenir.

Vivere non è essere ma diventare.

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L’artiste pur est un médium disponible à toutes les sensibilités.

L’artista non è un medium disponibile a ogni sensibilità.

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Dans l’extrême futur, le créateur sera total ou il ne sera plus.

Nel futuro estremo, il creatore sarà totale, o non sarà.,

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L’art n’est pas fait pour être vendu.

L’arte non è fatta per essere merce.

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Chomo, l’homme qui va mourir, vous parle.

Chomo, l’uomo che morrà, vi parla.

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Dernier message à une civilisation défunte.

Ultimo messaggio di una civiltà defunta.

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Quelle empreinte auras-tu laissée sur la terre pour que ton Dieu soit

content?

Quale impronta avrai lasciato sulla terra perché il tuo Dio sia soddisfatto?

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HOMMAGE A CHOMO

Il y a dix Il y a dix ans mourait Chomo, l’ermite de la forêt de Fontainebleau, artiste total à la fois poète, musicien, peintre, sculpteur, architecte, et auteur d’un film récapitulatif de toute son œuvre, plus long que le Mahâbhârata : Le Débarquement Spirituel. Une véritable légende vivante, dont l’empreinte est profonde sur tous ceux qui l’ont rencontrée. Des milliers de visiteurs, de toutes conditions, ont été admis, au fil des ans, dans le territoire mythique de son Village d’Art Préludien, sur la commune d’Achères-la-Forêt, non loin du Cyclope de Tinguely et de la chapelle Saint-Blaise-des-Simples, où est enterré Cocteau, à Milly-la-Forêt. D’Angleterre, des Etats-Unis, d’Allemagne, du Japon, la télévision est venue filmer l’Eglise des Pauvres, le Sanctuaire des Bois Brûlés ou le Refuge, trois chefs d’œuvre de l’architecture spontanée de Chomo, réalisés, comme toute son œuvre, en matériaux de récupération : bois morts de la forêt, grillage, plâtre, bouteilles, tôles de voitures, glanés dans les sous-bois, les décharges publiques et les casses automobiles des environs. Déjà, en 1960, les derniers surréalistes, André Breton, Dali, Joyce Mansour, Henri Michaux, mais aussi Cocteau, Anaïs Nin, le peintre Atlan, les galeristes Claude Bernard et Iris Clert ou même Picasso, avaient admiré, à Paris, les Bois Brûlés de Chomo, ses assemblages de verre et ses toiles lacérées, dans l’unique exposition qu’il devait consentir avant de se retirer du monde. Par la suite, sur les traces de Clara Malraux, mandatée en son temps par le Ministère des Affaires Culturelles pour faire protéger le site à ses débuts, des personnalités aussi différentes que Bernard Anthonioz, Jacques Attali, Henri-Claude Cousseau, Jean-Hubert Martin, se sont rendues dans le « Royaume » de Chomo, pour voir de plus près celui qui se disait aussi médium et guérisseur et vivait dans une telle symbiose avec ses abeilles qu’une séquence « choc » lui a été consacrée, en 1965 dans un film d’Edouard Logereau, Paris-Secret. Bernard Lassus, Michel Ragon, les peintres Jean Revol, Lisette Combe et Jean de Maximy, le sculpteur Josette Rispal, les photographes Jean-Paul Vidal, Marcus Schubert, Jean-Claude David, Pascal Brousse, Minot-Gormezano, le psychiatre Gaston Ferdière, Michel Thévoz, de la Collection de l’Art Brut de Lausanne, Jean-Paul Favand du Musée des Arts Forains, John Maizels, de la revue internationale Raw Vision, et beaucoup d’autres ont été parmi les admirateurs et défenseurs de l’univers de Chomo. Clovis Prévost et Antoine de Maximy lui ont consacré un film. J’ai moi-même recueilli les souvenirs et les pensées de Chomo, dans un livre iconoclaste publié en 1978. France Inter, France Culture, Radio Libertaire sont venus enregistrer la poésie sonore, les musiques expérimentales et les propos détonants de cet écologiste avant l’heure, grand pourfendeur de la société de consommation, auquel une Fondation a même été un temps dédiée, destinée à protéger le lieu et l’oeuvre de Chomo. Mais Chomo était un irréductible, et s’il avait décidé de poursuivre son œuvre en-dehors du circuit des galeries et du marché, payant sa rébellion au prix fort de l’inconfort et de la solitude, c’était pour préserver sa liberté totale d’esprit et de création, pour pouvoir sans entraves enseigner sa voie à tous ceux qu’il prenait au piège de son rêve, et pour rester jusqu’au bout fidèle à sa révolte contre une société qu’il estimait gravement dévoyée, sur une planète elle-même en grand danger. Depuis dix ans, l’univers de Chomo n’est plus accessible au public, et ce créateur inoubliable, ce visionnaire tourmenté par tous les excès de l’inspiration, auteur de centaines d’expériences de tous genres en sculpture, peinture, poésie, musique, cinéma, est en passe de disparaître de l’écran de nos mémoires. Il était temps que la France reconnaisse le génie de cet artiste extraordinaire, trop longtemps cantonné dans les curiosités du bord des routes, et rende hommage à celui que le chanteur britannique Jarvis Cocker, dans son road movie Journeys into the Outside (Voyages dans l’ailleurs), tourné l’année même du décès de Chomo, considérait déjà comme un monument du XXème siècle. Ce sera l’honneur et la fierté de la Halle Saint Pierre d’avoir eu, la première, ce souci et ce privilège. Puissent, dans cette lancée, les pouvoirs publics prendre les décisions qui s’imposent afin de consacrer à Chomo, sur le lieu où il a vécu, le musée qu’il mérite. (2009)
Laurent Danchin

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CREAZIONE DISSIDENTE. Eva di Stefano

La scena dell’arte che amiamo ha perso all’inizio di quest’anno uno dei suoi più appassionati e competenti paladini: Laurent Danchin (1946-2017). Intellettuale generosissimo nel condividere il suo sapere e il suo archivio, battagliero contro tutti i compromessi e conformismi culturali, lucido ed empatico promotore degli artisti del margine. Abbiamo avuto la fortuna di godere della sua amicizia e del suo appoggio fin dall’inizio dell’avventura dell’Osservatorio di Arte Outsider, e di pubblicare nel corso del tempo alcuni suoi preziosi articoli su questioni che ci stanno a cuore: le ragioni dell’attuale successo dell’Art Brut nel contesto dell’arte contemporanea (n.2, 2011), le caratteristiche dell’arte medianica (n.3, 2011), la storia della ricezione in Italia delle creazioni fuori norma (n.6, 2013), l’esperienza di tutela delle costruzioni outsider (n.10, 2015).

Per cultura e vocazione, Danchin apparteneva ad una specie in estinzione: era un umanista e non solo un brillante critico e curatore di mostre, era più di uno scrittore come lui amava definirsi, e cioè un uomo libero e uno studioso dalla prospettiva ampia e labirintica, non ingabbiata negli specialismi disciplinari, spinto da una curiosità insaziabile verso ogni campo delle scienze umane. Con l’impronta libertaria del maggio francese della sua formazione, ma affrancato da ideologismi di ogni sorta. Si esprimeva con forza polemica contro un’idea di cultura come produzione e consumo di eventi, e contro la parcellizzazione del sapere e il riparo asfissiante delle puntiformi specializzazioni accademiche, che mortificano il pensiero del mondo ma spianano la carriera universitaria, a cui lui, pur con un percorso di eccellenza all’Ecole Normale Supérieure e negli studi in storia dell’arte ed estetica, aveva rinunciato preferendo insegnare lettere nei licei ‘difficili’ della periferia parigina. Guardava perciò con diffidenza al recente interesse degli ambienti accademici verso l’Art Brut e alle conseguenti mortifere speculazioni teoriche, e rifletteva con prudenza critica sulle nuove aperture istituzionali e commerciali, temendo a ragione la calata di opportunisti ed impostori. Anche nel nostro primo incontro parigino, nel 2010, accolse con cautela iniziale il nostro progetto, nato all’interno dell’Università di Palermo, ma per aderire con

entusiasmo subito dopo, avendo accertato che, nonostante il mio ruolo, condividevo una spregiudicata attitudine antiaccademica. La sua insofferenza verso i binari precostituiti e la sua fedeltà agli ‘scartati’ della società lo avevano indotto ad approfondire il pensiero dissidente di Jean Dubuffet, a cui aveva dedicato un ‘importante monografia (Lione, 1988, riedita a Parigi nel 2001), e di Antonin Artaud, di cui aveva documentato accuratamente l’intera vicenda manicomiale (Parigi 2015). Ma, come accade il più delle volte, sarà l’esperienza vissuta a determinare la sua iniziale scelta di campo: il legame che stabilisce con Chomo, artista che, per rifiuto della società dei consumi e del sistema culturale ufficiale, ha vissuto per decenni in eremitaggio nella foresta di Fontainebleau dove ha realizzato in povertà e disinteressata solitudine la sua ‘opera d’arte totale’. Danchin gli fa visita ogni settimana tra il 1975 e il 1983, e ne raccoglie le dichiarazioni in una pubblicazione del 1978. Infine, dopo la morte dell’artista, si batterà fino all’ultimo respiro per la salvaguardia del luogo, realizzando due grandi mostre (Halle Saint-Pierre, 2009-2010; Castello di Tours, 2015-2016) e fondando nel 2015 un’ apposita associazione. Dal tempo di quei pellegrinaggi nella foresta, lo scrittore dedica tutte le sue energie alla creazione dissidente, ne ripercorre la storia, si addentra nelle vie dei creatori, scopre, promuove, polemizza con l’arte contemporanea ufficiale, scrive e raccoglie documenti. Il suo volumetto Art brut, L’istinct créateur, pubblicato da Gallimard nel 2006, è un ottimo esempio di divulgazione, sintetico e completissimo, anche per la capacità di scrittura chiara e coinvolgente. Ma, la sua riflessione forse più originale, che esplora -fuori dai sentieri battuti- sia l’arte contemporanea che la creazione irregolare (medianica o virtuosistica), si trova in Le dessin à l’ère des nouveaux médias (Parigi 2009, purtroppo senza illustrazioni) dedicato al fantasma della padronanza tecnica del disegno, “scheletro delle arti visuali”, generalmente avversata nel novecento, ma che riemerge in età contemporanea in settori sottostimati come i cartoni animati, l’illustrazione, il fumetto e l’infografica.

(Primavera del 2017, Osservatorio Outsider Art, n. 13)

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